LA MÉDIALITTÉRATURE À L’ÈRE DU NUMÉRIQUE : ENTRE INNOVATION TECHNOLOGIQUE ET RENOUVEAU DE LA CRÉATION LITTÉRAIRE
La révolution numérique a profondément transformé les modalités de production, de diffusion et de réception des textes. L’essor des réseaux sociaux et des dispositifs d’écriture instantanée inscrit désormais l’acte d’écrire dans une logique d’immédiateté. Tweets, blogs, microfictions ou journaux numériques témoignent ainsi d’une prolifération des pratiques scripturales dans l’espace public numérique.
Cette évolution s’inscrit dans une « culture de l’immédiateté », caractérisée par une accélération du temps social, où la vitesse structure les pratiques culturelles (Paul Virilio). Dans le champ littéraire, elle se traduit par une transformation des temporalités de l’écriture, désormais plus rapide, spontanée et interactive. Les espaces numériques deviennent ainsi des lieux d’expérimentation et de circulation des textes.
Par ailleurs, les frontières entre auteurs consacrés et amateurs tendent à s’estomper. Les dispositifs numériques favorisent l’accès à la publication et participent à une forme de démocratisation du champ littéraire, traditionnellement structuré par des mécanismes de légitimation (Pierre Bourdieu). Toutefois, cette démocratisation soulève des interrogations : l’immédiateté favorise-t-elle de nouvelles esthétiques ou fragilise-t-elle les exigences littéraires ?
Les environnements numériques transforment également les pratiques linguistiques, marquées par des phénomènes d’hybridation et de créativité. De même, les modalités de réception évoluent : les lecteurs deviennent des acteurs actifs de la médiation à travers les interactions en ligne, redéfinissant les relations entre auteurs, textes et publics.
À la croisée de la littérature, de la linguistique et des sciences de l’information, cette réflexion invite à interroger les mutations contemporaines des pratiques d’écriture et de lecture. Le présent appel à contributions vise à explorer les effets de l’immédiateté numérique sur la création littéraire, les usages linguistiques et les dispositifs de médiation, à travers les axes (non exhaustifs) suivants :
Axe 1 : Transformations des pratiques d’écriture en littérature
Nouvelles formes (microfiction, twittérature), écriture collaborative, temporalités de publication, redéfinition de l’auteur.
Axe 2 : Démocratisation et recomposition du champ littéraire
Autoédition, communautés d’écriture, nouvelles formes de légitimité et de circulation des textes.
Axe 3 : Langues et créativité linguistique
Hybridation, plurilinguisme, innovations lexicales, interactions entre oralité et écriture.
Axe 4 : Médiation et réception
Communautés de lecteurs, critique en ligne, médiation culturelle et rôle des algorithmes.
Axe 5 : Enjeux esthétiques et sociopolitiques
Rapports entre vitesse et exigence esthétique, nouvelles formes d’engagement, économie de l’attention.
Quelques références indicatives
BOURDIEU Pierre, 1992, Les règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire, Paris, Seuil.
CHARTIER Roger, 1992, L’ordre des livres, Aix-en-Provence, Alinéa.
JENKINS Henry, 2006, Convergence Culture: Where Old and New Media Collide, New York, NYU Press.
KONÉ Yacouba, « Espace Romanesque de Malraux et Garréta : entre hybridité et hypermédialité » dans Paradigmes, Vol.VI, n°03, septembre 2023, p.123-133.
PAVEAU Marie-Anne, 2017, L’analyse du discours numérique, Paris, Hermann.
ROSA Hartmut, 2010, Accélération. Une critique sociale du temps, Paris, La Découverte.
SOUCHIER Emmanuel ; JEANNERET Yves ; LE MAREC Joëlle, 2003, Lire, écrire, récrire. Objets, signes et pratiques des médias informatisés, Paris, BPI.
VIRILIO Paul, 1995, La vitesse de libération, Paris, Galilée.
Les propositions d’article à envoyer à l’adresse : lescahiersdulaberlif@gmail.com
CALENDRIER
Appel à contribution : 05 mars 2026
Date limite de soumission des articles : 30 novembre 2026
Envoi du rapport d’instruction aux auteurs : 10 décembre 2026
Retour des articles corrigés à la Rédaction : 17 décembre 2026
Parution de la revue : 31 décembre 2026
CONDITIONS DE PUBLICATION : frais d’instruction et de publication
La soumission d’un article est subordonnée à l’envoi des frais d’instruction et de publication (50.000 F cfa soit 78 euros).
